Parchemins

Je ne vous dirais pas comment je me nomme. Vous dire ce que je suis et pourquoi je suis est largement suffisant.
Je suis un gnome et je me fais vieux. Je suis le témoin du temps qui passe, en étant celui qui en trace les lignes. Je relate dans de vieux grimoires, aux pages jaunies, les grandes lignes de ce qui fut et de ce qui est. Jamais je n’aurais cru qu’on se servirait de mes talents de scribe à des fins peu avouable. J’ai faillis a mon ordre.
Mes doigts tracent des courbes faites d’encre qui sèche à la lueur d’une bougie. Je suis celui qui transmet les légendes et prophéties des temps anciens. Je suis le garant de l’histoire des mondes, le conducteur d’une tradition oubliée. Je suis les cinq sens des générations futures, le garde de ce qui est, de ce qui a été. Jamais je ne mens, jamais je ne trompe, jamais je ne falsifie. J’applique, dans mon art, une neutralité telle que je suis devenu l’exemple de ma guilde, le patriarche vénéré. Je suis pourtant le jouet de forces obscures, noire comme le fond de mon encrier.
De ces légendes des temps anciens qui feront les héros de demain, de ces textes qui façonneront les destinées, créeront les cultes, les croyances, les religions il y en a qui sont chuchotées par le malin. Elles ne sont pas faites des visions futures mais des préoccupations du moment. Elles sont écrites en même temps qu’elles sont lues. Elles sont âgées de l’instant présent. Elles sont poisons et trompent les cœurs.
Notre peuple a été longtemps chassé, massacré. Des siècles de discrétions nous ont conduit à l’oubli, celui des autres et celui de nous même. Nous avons oublié jusqu'à nos propres noms. Les anciennes légendes nous ont fait sortir de notre torpeur. Elles nous ont ramené au devant de la scène. Nous sommes la race oubliée qui doit ouvrir la route aux états libres, montrer le chemin de la victoire. Les légendes le prédisent depuis des éons. Des légendes écrites depuis des lustres qui ne datent peut être que depuis que vous les avez lues. Nous seront la clé du destin, que celui-ci soit transcrit depuis le premier jour de la cité première ou qu’il soit invention de manant, nous mènera de gloire au néant.

Une ancienne prophétie relate les hauts faits d’un peuple oublié qui conduira les états unifiés vers une liberté éternelle.
Les gnomes sont ce peuple qui présidera à la destinée de tous. Les forces sombres ne peuvent imaginer de si petits êtres avoir si grande destinée. Sauf si ce sont eux qui ont murmurés cette douce mélopée.

La peuple gnome ouvre les yeux, leur marche en avant reprend, les archivistes sont de retour. Il eut l’ancien livre, celui où tout est transcrit, celui dont la couverture à prix la couleur du sang, le sang que le petit peuple à verser au prix de sa liberté : le livre rouge est leur bien le plus précieux. Ces pages renferment les noms des premiers des leurs et des cent générations qui en découlèrent.
Aux détours de feuillets devenu rigide au fil des ères, c’est l’histoire de ce monde qui se cristallise et se perpétuent à travers les âges, les plaines, les océans et les montagnes.
Il est la preuve de ce qui est, il réfute à sa seule suffisance les blasphèmes du maudit, celui qui fut banni des créateurs des mondes.
Celui qui fut chassé d’Auroch la cité première, celui que tout le monde craint. Il est l’esprit retord, le comploteur, l’agent de la peste. A son souffle se repend guerres et famines. Des siècles et des siècles de conflit ont amoindri les royaumes, des cités sont tombées, des peuples se sont éteint. Il est l’heure que s’écrive le dernier chapitre, celui où les scribes pourront inscrire le mot -fin.
Alors une nouvelle ère verra le jour ou à défaut, une nuit éternel si l’infamie gagne toutes les âmes.
Un être, un peuple, une cité, tels sont les acteurs de l’acte final.
Aujourd’hui nous sommes le premier des derniers jours, celui de toutes les légendes, celui de tout les contes.
Faites qu’il ne soit pas le dernier.

Et vous, quel rôle jouerez-vous ?

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